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Maman les p'tits bateaux...

le point de vue de Françoise

 En 2009, lorsque notre première transatlantique de Mindelo à Salvador de Bahia fut achevée, j'avais regardé Annette ma sœur, et nous nous étions exclamées en cœur : « ça, c'est fait ! »

Même si la traversée avait été agréable et me laisse un bon souvenir, je n'avais nullement l'intention de « remettre ça ! »

Et pourtant … me voici repartie pour 15 jours non stop sur une « frêle » embarcation - pardon Tutu, mais que représentent tes 13m face aux 4 000 km qui séparent Mindelo (Cap Vert) de Portsmouth (La Barbade) ?-

J'avoue que lorsque JY nous a demandé de l'accompagner dans son projet j'ai longtemps hésité. Mais peut-on résister au souhait d'un ami dont c'est le rêve depuis sa jeunesse ?

Mais nulle appréhension de ma part : j'ai confiance en mes 3 acolytes Jean-Paul, Jean-Yves et Dominique, qui ont l'expérience, la prudence et/ou la force nécessaires à l'accomplissement de ce voyage, et en Tubalcain, voilier costaud et bien équipé.

De plus nous bénéficions du soutien logistique du Rallye ODYSSEY de Jimmy Cornell (le dernier)

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 Tubalcain au départ de Mindelo

La traversée en 6 jours de Tenerife à Mindelo a été suffisamment musclée pour lever tous les doutes éventuels quant au comportement du bateau aussi bien que de l'équipage.

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   Nous voici donc en route pour la GRANDE AVENTURE et ne croyez pas que JiPI et moi soyons blasés par notre première expérience : se lancer ainsi sur l'immensité liquide ce n'est pas rien,

Quel temps, quelle mer vont nous accompagner ? Aura-t-on la force physique et mentale pour pallier aux aléas d'un voyage somme toute périlleux ?

Malgré toutes les aides dont dispose un voilier moderne ( GPS pour connaître sa position, pilote automatique qui dispense des longues et fatigantes heures de barre, Iridium ce téléphone satellitaire magique qui permet, en plein milieu de l'Atlantique, d'obtenir la météo et qui maintient le lien avec la famille et les amis et surtout avec Simo, notre vigie à terre qui a vécu de bout en bout notre traversée « comme si elle y était ») on se retrouve vite bien seul au milieu de nulle part !

 

La première semaine a passé très vite, rythmée par les manœuvres, la pêche, la lecture, la confection des repas (un poste important que se disputaient les gars comme celui de la vaisselle – j'allais pas me battre hein ? -), les photos, la rédaction du blog et les quarts.

J'avoue que le quart de nuit ce n'est pas ce que je préfère : avoir seule la responsabilité du bateau pendant 3h c'est un peu angoissant. Mais je savais compter sur JiPi- hors quart donc « aux ordres » - et puis les gars m'avaient laissé le quart le plus sympa : de 4h à 7h j'avais 2h de nuit (bien noire la première semaine car la lune était aux abonnés absents) à scruter les ténèbres et observer les traces luminescentes du plancton. Heureusement il n'y a pas grand monde par aube.jpgici ! Et la dernière heure j'avais le privilège d'assister au lever du jour naissant (vous savez, « l'Aurore aux belles boucles apportant la lumière... »)

 

Woufff ! Une ombre vient de traverser le carré et s'écrase sur le rebord de la cuisine. Aïe, encore un bleu !

C'est qu'à l'intérieur ça bouge et ce n'est pas facile de circuler (toujours avoir « une main pour soi ») . On comprend mieux la démarche chaloupée des marins sur le port : ce n'est pas dû à l'abus de Gwin Ruz, enfin pas que …

Et que dire de la couchette ? Le corps roulé d'un bord sur l'autre, ballotté, rebondissant sur les coussins (moelleux), bercé par le bruits des vagues s'écrasant sur la coque et du vent dans les haubans,,, Mais que suis-je venue faire dans cette galère ???

Au bout de 10 jours de ce régime j'ai ressenti comme un petit coup de fatigue.

« C KAN KON ARRIVE ? » Allez, courage, plus que 450 milles ! Oui t'as raison...

 

Et après 14jours et 11 heures nous voici au quai de la douane à Bridgetown à La Barbade. C'est le jour de mon anniversaire (déjà dignement fêté en mer : foie gras accompagné d'un excellent champagne, cassoulet au confit de canard, salade de fruits frais -oui ananas et fruits de la passion se conservent bien), un beau cadeau non ?

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Le mouillage de Carlysle Bay est magnifique : une carte postale de rêve ! Grande plage de sable blanc, mer émeraude, cocotiers... les Caraïbes quoi ! Et ce premier bain à 28°, mmmmm.

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et un fabuleux coucher de soleil

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Finalement, c'était super cette traversée ! Je ne regrette rien. Et encore merci à JY, JiPi et Domi de me l'avoir rendue si facile.

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le trait le plus droit, c'est Tubalcain !

En refaire une ? Euh, non merci, cette fois c'est bien la dernière : il ne faudrait pas gâcher un si beau souvenir !

 "Mais, comme pour tout dans la vie, il faut savoir s’arrêter. " Jimmy Cornell

 

Commentaires

  • C'est toujours le même grand plaisir de vous lire et cette fois le beau texte du "point de vue de Françoise" Bravo et encore bravo de l'avoir fait ton texte nous fait bien comprendre que ce n'est pas une petite affaire car on se sent un peu seul face à cette immensité ! On vous envie bien maintenant en voyant la magnifique plage de sable blanc et le reste... car ici une vague de froid est annoncée et même notre belle Provence n'est pas épargnée ce matin moins 2 degrés et vent frais, même la neige est tombée hier aux alentours de Salon.
    Bises à tout l'équipage.

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